Ibn Al Qayyim a dit :

« Celui qui se réfère à autre chose que l'enseignement du messager en matière de jugement et y cherche le jugement, il aura pris pour juge le Tâghoût et aura demandé son jugement. Le Tâghoût est tout objet de culte, (modèle) que l'on suit ou (maître) à qui on obéit, qui amène l'homme à dépasser ses limites. Le Tâghoût de tout peuple est ce qu'il prennent pour juge en dehors d'Allah et de Son messager, ou qu'ils adorent en dehors d'Allah, ou qu'ils suivent sans avoir de preuve venant d'Allah, ou à qui ils obéissent sans savoir si cela va dans l'obéissance d'Allah ou non. Tous ceci sont les Tawâghît de ce monde, et si tu les remarques et que tu remarques l'état des gens envers eux, tu constateras que la majorité d'entre eux se sont détourné de l'adoration d'Allah pour adorer le Tâghoût, ainsi que du jugement d'Allah et de Son messager pour demander le jugement du Tâghoût, et de l'obéissance d'Allah et le suivit de Son messager pour obéir au Tâghoût et le suivre. » (I'lâm Al Mouwâqi'în, page 50.)

 

'Abderrahmân Ibn Qâsim a dit : « Tous ceux qui ne jugent pas d'après la loi d'Allah, que ce soit celui qui juge par les lois humaines, ou une invention qui ne fait pas partie de la loi islamique, ou qui juge avec tyrannie, c'est un Tâghoût parmi les plus grands des Tâghoût. » (Al Hâchya 'alâ Al Ouçoûl Ath-Thalâtha, page 168)

 

Ibn Kathîr dit : « Quiconque abandonne la loi claire révélée à Mouhammad fils d'Abdallah, dernier des prophètes, et recherche le jugement dans une autre loi abrogée est un mécréant, alors que dire de celui qui cherche le jugement du Yasa et le fait passer avant (le jugement d'Allah ?) Celui qui fait cela est un mécréant à l'unanimité des musulmans. » (Al Bidâya wan nihâya 13/119)

 

La démocratie

 

La démocratie signifie : La loi du peuple, la souveraineté du peuple. L'islam dit : La souveraineté n'appartient qu'à Allah, et la loi n'est que celle d'Allah : « Le jugement n'appartient qu'à Allah, Il a ordonné que vous n'adoriez que Lui » sourate 12 verset 40, et Allah dit « Il (Allah)  n'associe personne à Son jugement » sourate 18 verset 26.

 

De ce faite, la démocratie est l'un des plus grands Tâghoût de la terre, toute loi contraire à celle de l'islam est un Tâghoût, et de ce faite il est obligatoire de la désavouer pour être musulman : celui qui ne la désavoue pas n'est pas musulman.

 

Soulaymân Ibn Sahmân a dit : «Si vous avez su que le fait de demander justice au Tâghoût est de la mécréance, Allah nous a rappelé dans Son Livre que la mécréance était plus grave que le meurtre : Le Très-Haut dit dans le Qur'an : « la fitna est plus grande que le meurtre » (Sourate 2 - Verset 191), Il dit encore : « la fitna est plus grave que le meurtre. » (Sourate 2 -Verset 217) ; la fitna dans ces versets désigne la mécréance. Si les nomades et les gens de la ville venaient à s'entretuer jusqu'à leur destruction, cela leur serait largement moins grave que s'ils venaient à désigner un Tâghoût sur terre afin qu'il juge dans leurs divergences avec autre chose que la loi de l'Islam qu'Allah ta'âlâ a révélée à Son messager.

 

En troisième lieu : nous disons : « Si demander justice au Tâghoût est de la mécréance, tout en sachant que les divergences se font à cause des choses matérielles, alors comment peut-on concevoir le fait de rejeter la foi pour des choses matérielles ? Car, nul ne peut se prétendre être croyant tant qu'Allah et Son messager ne soient les plus aimés et jusqu'à ce que le prophète lui soit préférable à ses enfants, ses parents et tous les gens. Si tu venais à perdre tous tes biens matériels, il ne te serait jamais permis de demander justice au Tâghoût afin de les récupérer. Et si une personne venait à t'obliger à choisir entre demander justice au Tâghoût ou perdre tous tes biens, tu es forcé de devoir choisir de perdre tous tes biens et en aucun cas il ne te sera permis de demander justice au Tâghoût, et Allah soubhanahou wa ta'âlâ est Le Plus Savant. » (Dourar As-saniyya fî Ajwibat An-Najdya Volume 10 pages 509, 510) 

 

L'unique fait de participer à la démocratie est une satisfaction de la loi du Tâghoût, car la démocratie n'est autre que la loi du Tâghoût, donc celui qui participe aux élections est satisfait de la démocratie, et plus même : il donne son soutien à celui qui adhère au jugement du Tâghoût. En effet, cette personne pour qui il vote, s'est autoproclamer législateur, et toi tu lui donnes ton accord pour qu'il accède à cela et pour qu'il légifère, lorsque tu votes pour lui.

 

Si, à l'époque du prophète salla llahou 'alayhi wa sallam, les mécréants s'étaient réunis et dirent : nous allons faire des élections pour choisir un nombre de gens qui deviendrons les supporteurs des idoles, et demandent à tout les habitants de la Mecque de voter, est ce que celui qui donne son vote est mécréant ou pas ? Et si un des musulmans avait dit « Je veux donner mon vote à ces souteneurs de faux dieux pour diminuer l'oppression des mécréants » est il mécréant ou non ? Serait il excusé pour un tel prétexte ?

 

Donner son vote à un mécréant pour qu'il accède au pouvoir, c'est une manière d'accepter l'alliance avec le mécréant, et en être satisfait, et ceci est avoir foi au Tâghoût.

 

Voter pour un mécréant n'est autre qu'être d'accord de s'allier avec le mécréant, car lorsque tu votes pour lui, c'est pour qu'il te gouverne afin de diminuer la peine des musulmans, le moyens utilisé est « Qu'il gouverne » et le faite d'être d'accord qu'un homme gouverne par autre que la loi d'Allah est une mécréance majeure qui expulse de la religion. Tu veux donc atteindre un objectif au moyen de la mécréance, à savoir ici : l'alliance et le soutien d'un mécréant. Et le simple faite de participer aux élections est déjà en soit une mécréance, et celui qui le fait est satisfait de pratiquer la démocratie, or la démocratie est un Tâghoût qu'Allah a ordonné de désavouer.

 

Lorsqu'on prête serment d'allégeance à un gouverneur musulman, cela montre qu'on est satisfait de lui et qu'on le considère musulman, alors de la même manière : voter pour un mécréant n'est autre que lui faire allégeance et d'être satisfait de lui, et lui accorder le gouvernement.

 

Et le problème n'a aucun rapport avec le fait de savoir s'il va oui ou non accéder au pouvoir lorsque tu votes pour lui ou non, car il se peut très bien qu'il ne soit pas élu. Le réel problème, c'est que tu acceptes d'accorder à un mécréant de gouverner, comment peux tu accepter cela alors que tu sais qu'il est mécréant ?

 

Quant à celui qui prétend ne pas être satisfait de celui pour qui il vote, mais fait cela pour choisir le moindre mal : oui, il est possible que le faite de voter pour lui puisse avoir des conséquences avantageuses, mais uniquement après avoir commis de la mécréance pour y parvenir, et c'est un acceptant le jugement d'un mécréant. Dès lors, le mal le moins pire sera ici de la mécréance, or il n'est pas permis de tomber dans la mécréance sans y être contraint. Donc, lorsque le moindre mal est de la mécréance, alors le pire mal n'est autre qu'une mécréance encore pire.

 

Si vraiment il détestait que ce Tâghoût gouverne, pourquoi vote t'il pour lui et lui donne t'il le gouvernement ? S'il se désavouait de lui, pourquoi lui donne t'il son soutien par le billet du vote ? Ceci contredit complètement le désaveu du Tâghoût ! C'est même la plus grande manière de s'allier à lui ! Il tombe donc dans la mécréance en pensant qu'il pourra par là réaliser certains avantages.

n leur semblent.. Si, dans un pays musulmans, nous ne faisions pas allégeance au gouverneur cela prouverais que nous ne croyons pas en la validité de son gouvernement et de ce gouverneur, et si nous lui faisons allégeance cela prouvera que nous croyons en la validité de son gouvernement. Or, voter pour un Tâghoût n'est autre qu'avoir foi en lui et en son gouvernement, et il ne fait aucun doute que c'est une sorte d'allégeance, et la preuve de cela c'est que les avantages qui découlent résultent de son allégeance.

 

Donc, lorsqu'il prétend détester celui pour qui il vote et qu'il le désavoue, cela n'est pas pris en considération à partir du moment où il lui montre son soutien.

 

Il n'y a aucune excuse d'erreur d'appréciation ou d'ignorance dans cela, car cela annule totalement le fondement  de la religion : s'il détestait vraiment ce Tâghoût pour qui il vote, et s'il le désavouait vraiment, il ne se serait jamais permis de lui accorder son vote.

 

Quant à ceux qui prétendent ne pas être satisfait de ceux pour qui ils votent, qu'ils n'ont aucune satisfaction de cela dans leur cœur, nous ne pouvons en aucun cas le savoir. La parole et l'acte sont ce qui nous prouvent la satisfaction de son cœur,[1] ce pourquoi lorsqu'une personne donne allégeance à un gouverneur musulman tout en n'étant pas satisfait de cela dans son cœur, eh bien nous ne pourrons pas savoir ce qu'il pense dans son cœur et nous baserons sur son allégeance extérieure, et c'est la même chose pour celui qui vote pour un Tâghoût, même s'il prétend qu'il le déteste dans son cœur : la satisfaction se fait par le cœur, la parole ou l'acte.

 

Toute personne qui fait un acte sans y être ni contraint ni forcé, il a forcément été d'accord de le faire et en est obligatoirement satisfait. Il est impossible qu'il soit mécréant uniquement en l'apparence tout en restant croyant dans son cœur, car la mécréance peut soit arriver par un acte, une parole ou dans le cœur, et celui qui fait de la mécréance de sa langue ou de ses actes sans y être contraint, est forcément satisfait de cela et est mécréant. On ne peut contraindre quelqu'un dans sa croyance et sa volonté, la contrainte ne peut être faite que sur la parole et l'acte, or celui qui vote n'y est pas contraint, on ne le contraint ni à parler ni à agir, mais il est au contraire d'accord de voter et l'a fait par erreur d'appréciation, et cela ne l'excuse pas.

 

Définition de la contrainte

La contrainte signifie : « forcer quelqu'un à faire ce qu'il ne veut pas. » (Fath Al Bârî 12/311)

La contrainte n'est prise en considération que sous quatre conditions :

1)      Que le contraignant soit capable d'exécuter sa menace, et que la victime soit incapable de se défendre, même en fuyant.

2)      Il faut que la victime soit au moins pratiquement sûr que le contraignant va exécuter sa menace s'il refuse.

3)      Que la menace soit imminente. S'il dit « Si tu ne fais pas ce que je te demande, je te frapperai demain » ce n'est pas une contrainte, excepté si l'ultimatum est d'une durée très courte ou qu'on est sur que la personne tiendra sa promesse.

4)      Que la victime ne laisse rien paraître qui montrerai qu'il le fait volontairement. (Voir Fath Al Bârî 12/311)

Quant à la menace qui est considérée comme une contrainte :

Ibn Hajar a dit : « Il y a divergence quant à ce qui fait objet de menace, et tous les savants sont d'accord en ce qui concerne : La mort, l'amputation des membres, les coups sévères, et l'emprisonnement de longue durée, mais ils divergèrent pour ce qui est des coups légers et de la petite peine de prison, comme un ou deux jour... » Fin de citation. Et il dit également « Il y a divergence quant à la limite de la contrainte, 'Abd Ibn Hamîd d'une chaine de transmetteur authentique d'après 'Oumar qui dit « Une personne n'est pas responsable de lui lorsqu'il est emprisonné, enchaîné ou ligoté. » Voir Fath Al Bârî 12/312- 314.

La contrainte est donc de deux types :

-          La contrainte complète : c'est la menace de mort, de torture, d'amputation etc...

-          La contrainte faible : c'est la prison, l'enchainement, les coups etc...

Et la majorité des savants considèrent que la contrainte permettant de commettre de la mécréance est la contrainte complète, c'est l'avis des Hanafites, Malikites et Hanbalites. Quant à l'imam Châfi'î, il était d'avis que la prison est une contrainte permettant de faire semblant d'apostasier. L'avis des Hanafites se trouve dans « Badâ'i' As-Sâni' 9/4493, celui des Malikites est dans Charh Al Saghîr 2/548, 549, celui des Hanbalites dans Al Moughnî ma'a charh Al Kabîr 10/107-109, et l'avis de l'imam Châfi'î dans Majmoû' 18/6-7, mais tous sont d'accord pour dire que celui qui est contraint d'apostasier, mais préfère mourir que d'apostasier à plus de mérite, et l'imam Qourtoubî rapporte l'unanimité sur ce point dans son tafsir 10/188.

Quant à l'avis correct sur cette divergence, Ibn Taymiya a choisit l'avis des Hanbalites et dit « J'ai examiné les différentes doctrines et j'ai trouvé que la contrainte est différente en fonction de la victime, et que la contrainte sur la mécréance n'est pas la même que la contrainte sur الهبة ou quelque chose comme ça. L'imam Ahmad et d'autres ont textuellement dit que la contrainte pour la mécréance n'est prise en considération que si c'est de la torture, mais que la simple parole n'est pas une contrainte. »

Et l'argument de la majorité est la cause de la révélation du verset, lorsque 'Ammâr Ibn Yasâr ne prononça pas de mécréance jusqu'à ce qu'il fut torturé par les idolâtres, et ceci est la cause célèbre de la révélation du verset 106 de la sourate Les abeille (16)

Et l'imam Al Boukhârî rapporte dans son Sahîh dans le Chapitre « Celui qui préfère être tué que de redevenir mécréant » dans le livre de la contrainte, trois hadîth, le premier celui de Anas : « Parmi les douceurs de la foi : détester revenir à la mécréance comme on déteste être jeté au feu » et ceci nous montre qu'être jeté au feu est une manière d'indiquer la destruction et la perdition, et qu'il n'est donc pas permis de mécroire sauf lorsqu'on craint la perdition, et ceci est l'avis de la majorité. Le deuxième Hadîth : celui de Sa'îd Ibn Zayd qui rapporte qu'avant que Omar ibn Khattab ne se convertisse à l'islam, il l'avait enchaîné pour qu'il apostasie, et il ne lui fut pas permis d'apostasier, et ceci réfute l'avis de Châfi'î... Voir les hadiths n° 6041, 6042 et 6043.

 


[1]La preuve de cela est la parole d'Allah « Quiconque mécroit en Allah après avoir eu la foi, sauf celui qui y est contraint et que son cœur est serin sur la foi, mais celui qui ouvre ouvertement son cœur à la mécréance à sur lui la colère d'Allah et un grand châtiment, car ils ont préféré la vie mondaine à l'au-delà et qu'Allah ne guide pas les gens mécréant. » sourate 16 verset 106-107. Cheykh Al Islâm Ibn Taymiya dit au sujet de ce verset, dans Majmoû' Al Fatâwâ volume 7 page 220 : « Celui qui fait de la mécréance sans y être contraint a donc ouvert son cœur à la mécréance, sinon le début de ce verset serait en contradiction avec la fin. Si ce verset voulait dire que le mécréant n'est que celui qui dans son cœur accepte la mécréance, alors cela il n'y aurait pas que le contraint qui serait excusé, mais même celui qui n'est pas contraint tant qu'il n'accepte pas la mécréance dans son cœur. Donc, lorsqu'il prononce de la mécréance volontairement, il a ouvert son cœur à la mécréance et cela est une mécréance. » Fin de citation. Et toute personne qui fait quelque chose volontairement sans y avoir été forcé, a forcément été d'accord de le faire et l'a accepté, sauf s'il est fou ou insensé.